Photom@rie 2008 - Burons et paysages de l'Aubrac en Aveyron en France. Pour bientôt.
Un peu de bla bla, ce soir. Ce printemps, j'ai pris du plaisir à photographier des fleurs, des paysages. J'ai avancé sur les chemins, je
me suis couchée dans les prés. J'ai silloné l'Aubrac en avril et comme pour Venise, je me suis laissée guider par les écrits de l'un des plus vieux buronniers vivant à Laguiole. Vous le
connaissez, j'ai fait un article en publiant le début de son récit. En fait son texte, écrit en occitan du pays de la Montagne, était destiné à "Monsieur le Curé"... Vous le lirez, ça m'a fait
bizarre. C'est ainsi que Monsieur Aimé Limagne finit de retracer la vie dans les burons, la fête de la St Jean, les coucours de fourme et la transumance entre Flavin et Laguiole. Son épouse avait
traduit ce texte en français. Elle le conservait minutieusement dans un sac contenant un livre "Paroles de Burons", qui relate leurs vies, les anecdoctes des burons...
Alors que j'encourageais Aimé, 98 ans, à rassembler ses forces pour vivre encore, que je le surveillais comme le lait sur le feu, plusieurs fois dans la nuit je passais à son chevet,
lui parlais pour le rattacher à SA Vie, pour détendre l'atmosphère, pour l'encourager en lui disant "allez, ça va mieux, bientôt vous pourrez me raconter la vie au buron". C'est alors
que Georgette sa femme alla vers le placard et me remit en main propre, ce sac en me disant, "voilà, c'est ce qu'il a voulu transmettre, pour la mémoire des burons...personne n'est
intéréssé à lire ce cahier, je vous le prête." J'ai mis du temps à entrer dans mon ordi, ces paroles venues d'un autre temps. Concours de circonstances. Dans les campagnes, souvent les médecins
recevaient des poules et des oeufs en offrande. C'est la première fois, au moment où je créais la commnauté Tradition-Coutume-Cuisine, qu'après les efforts je recevais le réconfort. "Si.. moi, ça
m'intéresse. Je vais le publier pour que sa volonté soit respectée. Je tiens un blog. Je peux le taper et le mettre en ligne sur Internet". Ce que je n'ai pas dit ce jour là, c'est que le
premier poste de ma Grand-Mère Juliette, issue de Cransac pays minier de l' Aveyron, avait obtenu son premier poste d'institutrice à Espalion après l'Ecole Normale de Rodez, la seule
façon d'échapper à son milieu. Et si Manou née en 1900 avait vu passer la vacherie du candéles le jour de la transumance ou y avait-elle emmené ses élèves d'Espalion?. Reste t-il à
Laguiole ou Espalion de ses élèves, des photos, ...que sais je? Rodelle, Espalion, Lacalm... Le récit qu'Aimé Limagne fait de son époque occasionne un voyage au pays des burons. J'ai passé
des heures imaginaires avec des hommes et des vrais. La confrérie des buronniers, fiers comme des "bars-tabacs".
Honneur aux buronniers de l'Aubrac.
Le bla bla est fini. Encore quelques fleurs, et le "bouquet final". Puis, un voyage en Aubrac dans les pas de celui qui quand il me voit, dit au milieu du silence de sa vieillesse :
"Celle-là, je la connais". Georgette s'en amuse, moi je sais que le jour où il ne dit pas ça, je peux chercher ce qui ne va pas, c'est mon témoin de sa bonne santé. Monsieur Aimé Limagne
aime la vie dans son fauteuil à jamais.
Comme son grand-père et son père, buronniers, on le surnomme à Laguiole : "Rochel".
Texte M@rie
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