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  • : 16/01/2006

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Mardi 22 avril 2008

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Il était une fois, quelque part au coeur de cette immense ville de Shanghai, un centre de massage, le Jing Xuan Blindman Massage Center sis 672, Yi Shan lu, cité par le Routard (p 231) pour ses massages du corps et des pieds pratiqués dans la plus grande tradition chinoise par des Chinois aveugles.




Photo M@rie 2005

Il était cette même fois, une femme aux pieds usés de trop silloner la ville, telle une gloutonne inssassiable qui n'écoutant que la voix des "routards sont sympa" pensa se soulager quelque peu, dans un cocon douillet d'un centre cité dans le Routard ! allant retrouver la forme et la légéreté nécessaire à la poursuite de son séjour.

Hop! Un taxi! Montrer l'adresse en chinois au conducteur au moyen de mon "Routard" et nous voilà partis. Où ? A quoi bon savoir. Qu'il me dépose devant le centre et puis je me débrouillerai... le trajet fut long, mais pour un massage des pieds que ne ferai je pas. Je dois avouer ma tendance pour la médecine traditionnelle chinoise en prévention.

Nous arrivons, en milieu d'après midi. Personne, aucun client dans le centre ! Qu'est ce que je viens faire là ? J'aurais pas pu aller au Sofitel ou dans la résidence? Non. Toujours explorer. L'air assuré, mais seulement l'air, je lui montre mon .... Routard et il comprend que je viens pour un massage. Le lever de son bras gauche m'indique une pièce rectangulaire dans laquelle étaient alignées des tables, style kiné des années 20, serrées et au fond de la pièce 3 beaux fauteuils style BUT, avec un pouf carré devant. L'un est pour le corps, l'autre pour les pieds en ai je déduit.  Seule au monde ! J'y étais, j'y reste. "Y a pas de hasard", me dis je pour me regonfler le moral qui descendait dans mes pieds....la phrase passe partout qui donne courage. Et j'ai eu raison de persévérer.

Il me montre une table, j'avais le choix, mais stratégiquement je pris celle qui me permettait de voir l'entrée. La table avait la particularité de posséder un trou dans lequel on introduit la face du visage lorsque l'on est à plat ventre. Ne te pose pas de question. Vis l'instant présent. Be cool. Ok, ok, je me lâche. On verra bien. Et c'est là, que je n'ai plus rien vu, car mes yeux n'ont vu que le sol, mon visage dans ce trou de la table, je voyais le sol. J'ai senti que quelqu'un arrivait sans faire de bruit, ce doit être le masseur. Je sens un drap déposé avec tact sur mon corps allongé et habillé. Je comprenais que le massage allait se dérouler au travers de drap et qu'il ne me toucherait donc pas directement. La curiosité me reprit, le nez dans la table. Be cool.

Le massage débuta sans plus attendre. Très méticuleusement, il débuta par l'atlas et l'homme aux doigts agiles touchait et appuyait sur des points sensibles. Mes trapèzes m'ont trahie, révélant toute la tension intérieure. Instinctivement, je décidais de lui dire "Aie" internationnalement connu lorsque j'avais mal. Je pensais que cela le ferait arrêter...eh bien, non...il insistait sur ce point. Je regrettais être symétrique et si complète sur le plan de l'anatomie. J'ai pris conscience des noeuds qu'il révélait par ses doigts plantés dans mon muscle pour délier, son habileté rôdée à toute épreuve. L'épreuve pour le moment, c'est moi qui la vivait en tout bien, tout honneur, mais  sûre du résultat. Quand il changeait de zone anatomique, au son d'une petite sonnerie qui minutait le travail, je me détendais, je soufflais, je regardais le sol, mais lui je ne le verrai jamais, puisque le massage terminé, il disparaîtra comme il était venu. Le bénéfice certain obtenu en seule séance ne pouvait se voir. J'avais envie de dormir, de ne pas bouger et j'étais en confiance et me sentais extrèmement bien.

Après le massage du corps, venait le tour des pieds. Je m'installais dans l'un des fauteuils style BUT et le patron de la boutique me demanda de faire tremper mes pieds dans un liquide chaud contenu dans une haute bassine. Un produit était dedans. Je m'exécuta. Et je suis restée à regarder ce qui se passait autour de moi : un couple était arrivé après le travail et s'était installé chacun sur une table et se laissait dénouer par leurs masseurs. Après le travail, les tensions de la journée se dissipaient. J'étais bien reposée et j'étais sereine et perdis toute notion du temps. Un jeune homme, s'installa sur l'un des poufs et commença à travailler l'un de mes pieds. Dire que j'ai pris du plaisir serait faux. Il insista encore sur les points douloureux, mais dans l'ensemble, je fus plus surprise par la longueur du soin que par la douleur. A la fin, j'aurais aimé rester un peu, et m'assoupir. Je baillais et mes yeux avaient envie de se fermer. Un bien-être m'envahissait que je voulais prolonger par le repos.

Je me levais, payais et reprenais ma route, pour trouver un taxi et rentrer à la résidence. J'ai dormi cette nuit là, dans un état d'apaisement, de quiétude, inconnus de moi. C'était autre chose. J'ai recommencé un massage des pieds quelques jours après dans la résidence et ce fut à l'identique la même douleur ponctuelle mais aussi le même résultat de bien-être à l'issue. Rien de sensuel, je vous l'assure, mais une rigueur utile.

Mon approche de la médecine traditionnelle chinoise était positive, pour cette partie. Ma vision de la médecine et de l'Art de l'exercer avait des dimensions autres à explorer avec la certitude d'un impact positif sur des organismes rompus par la vie trépidante et stressante. La prévention ou la relaxation pratiquées de manière régulière avant que n'apparaissent les maux, prenaient un sens.

Le petit garçon qui massait les pieds avait compris le message bien avant sa naissance : transmission génétique de sa Grand-Mère...(voir article du samedi 19 avril 2008).

Bonne expérience, téméraire mais convaincue que toute expérience d'une tradition millénaire mérite d'être vécue.


Texte M@rie

Titre : "un lieu de détente dans la jungle de Shanghai"
Janvier 2005.


par Marie publié dans : Bien-Etre - Zen communauté : Traditions-Coutumes-Cuisine
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Dimanche 20 avril 2008

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"Ecoutez cette histoire que je vais vous raconter"... (paroles Hugues Aufray)

Du haut de ses 18 mois, il se baisse jusqu'aux pieds
ses yeux s'abaissent et ne quittent les chaussures
les miennes

agenouillé, le petit garçon enlève la chaussure droite
toujours agenouillé, c'est la gauche qu'il enlève
tout en délicatesse

silencieux, il rapproche mes deux pieds nus
pose chacune de ses deux mains sur chacun de mes pieds
avec tact

alors, il exerce une sorte de légère pression
effleurant la peau
la mienne

le petit garçon est resté plusieurs minutes ainsi
étirant mes orteils, dans un état de sérénité
impressionnante.


J'observe et respecte ce temps qu'il me donne
les bisous-câlins sont tous pour sa maman
et c'est très bien ainsi

des images reviennent de la fin de maternité de sa maman
aux pieds tellement gonflés de rétention d'eau
supportés en silence

ne voyant que ses pieds persécutés par la chaleur du sud
je prenais en charge sa souffrance par instinct
en lui massant les pieds, en silence, agenouillée à ses pieds.


Aujourd'hui, le petit garçon masse les pieds,
les miens pour la première fois
ses petites mains apposées

difficile de retenir mon souffle
devant ce petit garçon de 18 mois
qui massait les pieds
les miens

A quelles oreilles murmurera t-il ?

Le temps s'est suspendu sur le chemin du coeur aux pieds en passant par les mains.


Texte M@rie


par Photo M@rie publié dans : Bien-Etre - Zen communauté : Traditions-Coutumes-Cuisine
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Mardi 29 janvier 2008

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BHV-et-Deauville-005.jpg

Photo M@rie 2006 - la palme


Ayant reçu une publicité de la part d'une chaîne OMEGA.TV, chaîne "des clefs pour mieux vivre", je vous fais profiter de cet extrait vidéo sur la manière de procéder pour effectuer un massage Lomi, Lomi. Une clef qui peut ouvrir des portes ! Merci OMEGA.TV

Ce serait "fluide et très enveloppant, le massage traditionnel hawaïen lomi lomi, utilise des pressions glissées des avant-bras et s'inspire de la douceur et de la puissance des vagues de l'Océan Pacifique".

Video massage Lomi Lomi (clic)

Vahiné, vahiné...de l'Océan Pacifique,  culture d'un autre peuple, culture du toucher. Une tradition à importer.

par M@rie publié dans : Bien-Etre - Zen communauté : Traditions-Coutumes-Cuisine
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Jeudi 24 janvier 2008

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Photo M@rie 2007

Table de gâteaux, aussi beaux que bons. Salon de thé  "Un autre salon de thé" Toulouse

Je pense que ma faim de gâteau guide mon choix de photo à cette heure un peu tardive....je vous prie de partager avec moi... je n'en ferais rien...

par M@rie publié dans : Bien-Etre - Zen communauté : ABC-CUISINE
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Mardi 25 décembre 2007

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Photos M@rie 2007

Douceurs de Noël en famille

par M@rie publié dans : Bien-Etre - Zen
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Dimanche 23 décembre 2007

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Le vin chaud du reveillon est une boisson qui donnera quelques chaleurs tout au long de la douce nuit de Noël.

De toute façon ce n'est que du bonheur...

 
 
INGREDIENTS POUR 6 PERSONNES
 
- 1 bouteille de Bourgogne rouge
- 1 orange
- 1 citron
- 1 bâton de cannelle
- 1 grosse pincée de muscade
- 1 clou de girofle
- 10 morceaux de sucre roux.
 
 
PREPARATION
 
 

Infusion : 1 heure.

Prélever le zeste de l'orange avec un couteau économe, de façon à ne pas prendre la peau blanche avec l'écorce. Mettre le zeste, le sucre, la cannelle, la muscade et le clou de girofle dans une petite casserole. Verser 15 cl de vin. Chauffer à feu vif en remuant. Au premier bouillon, éteindre, couvrir, laisser infuser 1 heure au moins.

Juste avant de servir versez le sirop infusé dans une grande casserole avec le reste de vin. Chauffer jusqu'à ébullition. Filtrer aussitôt dans une passoire fine. Servir aussitôt en ajoutant dans chaque verre une rondelle de citron. 

Conseils :

Choisir un simple Bourgogne d'appellation générique, mais jeune et d'une bonne année. Les amateurs d'insolite ajoutent 1 étoile de badiane dans la petite casserole avant de chauffer. Elle mêlera son parfum anisé à celui des autres épices.

Savourer le vin chaud avec une brioche ou un pain d'épice...Pour un effet spectaculaire, choisir un vin corsé (je choisis un vin espagnol) et le flamber dans la casserole, devant les invités, juste lorsqu'il commence à bouillir. Faire vite, sans lui laisser le temps de perdre quelques degrés. Le filtrer ensuite en le versant dans un pot chaud. Servir aussitôt.

 

Site Internet de la recette - Clic sur ce lien
par M@rie publié dans : Bien-Etre - Zen communauté : ABC-CUISINE
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Jeudi 15 février 2007

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Photo M@rie "Est-ce un mirage ou des gâteaux  bien sucrés...?" - 2007

par M@rie publié dans : Bien-Etre - Zen
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Mardi 16 janvier 2007

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Article publié sur SKYNET.BE (clic) - Suite du dossier Anorexie de ce blog -

 

Anorexie sur les podiums : quid aux prochains défilés ?

lundi 15 janvier 2007  il y a 20 h.

Le débat sur l'anorexie des mannequins s'étend à d'autres pays. Les Etats-Unis se contentent de faire quelques recommandations au sujet de ce phénomène qui tue. L?Espagne, elle, réitère : elle interdira les mannequins trop maigres pendant les défilés de mode de février 2007.

Anorexie sur les podiums : quid aux prochains défilés ?

© Ana Carolina Reston, décédée en novembre des suites d'anorexie

Le problème des mannequins anorexiques semble être pris de plus en plus au sérieux, depuis les interdictions, en septembre, de voir défiler des filles squelettiques à Madrid. De même, la mort d'un mannequin brésilien, Ana Carolina Reston en novembre 2006, pour cause d'anorexie a étendu la polémique. En Espagne, un site internet qui prônait l'anorexie a dû fermer sous les protestations des autorités espagnoles. Sur Internet, des milliers de sites liés au mouvement pro-ana font d'énormes ravages auprès des adolescents.

Une étude publiée dans le journal American Academy of Pediatrics portant sur les désordres nutritionnels de patients âgés de 10 à 22 ans, relate qu'un peu plus d'un tiers des jeunes apprennent des méthodes pour maigrir grâce à des sites Internet. Ces sites permettent aux utilisateurs de partager leurs astuces et les laissent conseiller des produits vomitifs à hauts risques, disponibles sur Internet.

En Italie, les couturiers se sont mis d'accord pour que les filles des podiums aient un indice corporel (IMC, le poids en kilos divisé par la taille au carré) supérieur à 18, ce qui correspond à plus de 56 kg pour 1m75. Idem en Espagne, où l'on contrôlera l'indice corporel des mannequins lors des défilés qui auront lieu à la mi-février. Les autorités de Madrid ont décidé d'écarter les jeunes femmes trop maigres parce qu'elles peuvent donner un mauvais exemple face à une augmentation des cas d'anorexie chez les jeunes femmes.

Aux Etats-Unis, les défilés de la Fashion Week de New York auront lieu début février dans une ambiance moins tendue. Les créateurs de mode américains se sont en effet abstenus de proscrire les « brindilles » des défilés, précisant qu'un mannequin très maigre n'est pas forcément anorexique. Le Conseil des créateurs de mode d'Amérique (CFDA) ne suivra donc pas les règles éthiques suggérées par les instances professionnelles européennes. En clair, les américains semblent préférer faire prendre conscience du danger de l'anorexie plutôt que de sanctionner les mannequins squelettiques. Aux Etats-Unis, à l'ère du politiquement correct, on ne s'aventure pas dans les interdictions liées au poids. Si l'on sanctionne des filles trop maigres (ou trop grosses), on pourrait s'exposer à la menace d'un procès. En attendant, mieux vaut informer les jeunes des risques qu'encourt l'anorexie et signaler (aux webmasters ou aux associations de prévention) les sites qui défendent ces pratiques extrêmes.


(VN avec AFP)

par M@rie publié dans : Bien-Etre - Zen
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Mercredi 11 octobre 2006

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Suite de l'article "mannequins "fil de fer"
 
 
 
Photo M@rie -
Titre : "Equilibre instable de l'anorexique"
Statue David et Goliath, d'Antuni Llena (1993) - Barcelone - Espagne
 
 
 
 
Les concaves se rebiffent
Par Maurice CORCOS
 
 
Vendredi 6 octobre 2006 - 06:00
Maurice Corcos pédo- psychiatre.
Le mannequin anorexique stigmatise la femme soumise aux bons désirs des hommes.
 
 
Le mannequin, nouvelle icône des sociétés occidentales, si prisée et si haïe à la fois par les patientes anorexiques, qui l'affichent sur les murs de leur chambre, tentant d'annuler le blanc de ces murs qui résonne trop fort avec les blancs psychiques qui tapissent leur esprit, est avant tout, pour les petites filles qu'elles tentent de demeurer, un modèle social. Elles vont jouer (mais uniquement du regard) à l'habiller et à le déshabiller (cover-girl), et à le maquiller de tous les apparats possibles de la fausse modernité, tel un doudou, mais collectif et fétichisé. Aucun bonheur intime donc !
 
Plus que le mythe de la femme occidentale, le mannequin stigmatise la «fiction» d'une femme qui serait volontairement soumise et asservie au bon désir des hommes, ceux qui les mettent sur les estrades, les plateaux télé et dans les magazines. Des hommes parfois singuliers, qui veulent continuer à jouer à la poupée sous le regard bienveillant de leurs mères... les «petites mains». Les mannequins sont des petites filles étranges, des petits «bouts de femme» aux visages de poupées, des «jeunes pousses», des poignées de chair, que de vieux messieurs et des femmes d'âge mûr «passéisent» en leur faisant porter des robes anciennes (vintage) ; les robes de leur enfance, futurs uniformes pour adolescents ; pour aguicher des souvenirs. Elles habitent très vite loin de leurs parents dans des pépinières que l'on appelle étrangement «agences» ou pompeusement «académies de stars», dont certaines ont pu être tout récemment taxées de proxénétisme et de harcèlement. Paradoxe vivant d'une société normative et moralisatrice qui guette dans les villages reculés de France la pédophilie, tout en l'affichant ostensiblement dans les grandes métropoles.
L'anorexique pourrait être «un mannequin qui n'a pas réussi», puisqu'elle aussi se veut reine ne serait-ce que d'un jour (au sens d'unique objet d'amour de son créateur ou de sa créatrice... très peu souvent des deux). Mais, cette reine-là n'a jamais été innocente et se sait depuis toujours nue, c'est-à-dire seule, d'être un corps peu ou trop regardé et donc sans mémoire, vide de la trace suffisamment bonne de l'autre, et va de fait pervertir les scénarios fantasmatiques dans lesquels le socius et la famille veulent l'incarcérer. Dans ce jeu des faux-semblants qu'elle, l'anorexique, a trop vite compris et que l'autre, le mannequin, méconnaît encore, elle défile pourtant, sans cesse, désirante et avide, provocatrice, à la recherche d'un regard qui l'appellerait, la porterait, et lui dirait une identité et une appartenance, tout en fuyant ou en effrayant les regards trop désirants... les regards effroyables.
L'autre n'a, semble-t-il, pas peur de s'y confondre et de s'y perdre. Elle se donne et s'y adonne et sa moue boudeuse et son air indifférent, sa nudité moins offerte que jetée à la face du parterre ne sont que des masques, des stratégies d'excitation supplémentaires (la violence douce du mépris) savamment orchestrées en coulisses. Censée porter et projeter «l'essence pure du féminin», l'une assure et rassure, tandis que l'autre se refuse à n'en être qu'un succédané ou un ersatz, à n'en dire que l'utilité en en éludant le drame. C'est précisément dans ce refus qu'elle, l'anorexique qui défile, non pour une vulgaire caméra à l'oeil mort, mais pour une mère-monde indifférente en en stigmatisant l'absence, pose sa virilité. Regardez-moi, mais ne gardez de moi dans vos yeux que cette image de mort en marche, semble-t-elle soupirer, laissant encore tomber une dernière gorgée amère de vie ! Enfant sans miroir familial suffisamment profond, se cherchant un visage et un corps dans le miroir social qui ne veut voir d'elle qu'une image archétypale, elle demeure trop lucide sur son apparent anticonformisme : sa représentation outrancière dénonce son propre faux semblant ; ceci n'est pas une femme !
Ainsi donc, l'anorexique semble être devenue aujourd'hui de par la grâce perverse des médias un mannequin qui a réussi, puisqu'elle semble squatter de plus en plus les défilés de mode et les plateaux télé. A la fascination médiatique pour l'anorexie, elle semble répondre par une monstration performative (comme on dit, en art contemporain, de quelqu'un qui s'expose et s'engage physiquement qu'il fait une performance). De ce point de vue, cet «artiste de la faim» donne un quitus au spectacle social, pour qui la valeur essentielle, c'est-à-dire marchande, n'est pas la qualité mais la performance. Elle ne fait pas que se montrer... Elle démontre l'insignifiance de ce qu'elle montre... Elle bouge sans cesse, s'échine à ne rien vouloir manger, se gave et vomit en semi-différé et exhibe ses cicatrices devant les caméras... et très subtilement y convoque ses parents, ses médecins nutritionnistes et ses psychiatres pour exhiber l'inanité de leur éducation et de leurs soins. Elle anticipe le désir de justicier qu'il y a en tout journaliste et mène la caméra postée derrière elle, là où elle veut bien se montrer. Elle fait ce qu'elle fait à la maison, sa petite cuisine à elle, et en gave après la famille, le spectateur. Elle ne s'arrête pas à la pauvre et peu subtile androgynie comme ces collègues d'estrade... Elle devient asexuée et expose au monde barbare les effets de sa déshumanisation. Elle semble tout montrer, elle cache l'essentiel, qui est au-delà du phénoménal comme des symptômes.
Pour l'anorexique, être n'est pas «être aimé encore», c'est-à-dire un peu ou suffisamment désiré, mais être c'est «être perçu enfin», aussi ne cesse-t-elle de solliciter le regard de l'autre par sa détresse et l'image de la mort qui avance plutôt que par celui du désir naissant. L'anorexique est une jeune fille à la chair innocente et à l'âme coupable. Le regard souligné par l'amaigrissement est fier, il ne vous voit pas, refuse votre contact, vous traverse car vous n'existez pas pour elle... de trop exister pour une autre, mais darde pourtant fiévreusement ailleurs ou nulle part.
La «beauté» de l'anorexique tient à ce contraste entre l'intensité de son regard, que l'émaciation du visage souligne, et cette absence de contact, de prise (défense contre l'emprise). Spectaculaire dans son aspect physique et insaisissable dans l'énigme de sa conduite et de son déni, l'anorexique pose sur le monde un regard aussi impalpable qu'implacable, un regard qui provoque non l'explosion chaude et bruyante des fantasmes sollicités par une femme sensuelle, une femme «qui pue le sexe», dirait-elle, mais une explosion froide et silencieuse, qui sidère le public venu le soutenir. Le secret de la beauté anorexique pourrait être qu'elle a fini par se débarrasser de toute excitation désorganisante pour faire de la place dans sa tête et dans son corps à d'autres éprouvés et d'autres pensées, en projetant sur l'autre sa source pulsionnelle l'obligeant ainsi à la vivre à sa place. Elle ne répond pas au désir de l'autre, comme le ferait la première «hystérique» venue, elle projette en lui son avidité, elle injecte dans son esprit des fantasmes anciens d'enfant glouton.
Une beauté délivrée du représentatif qui ne suscite ni l'excitation, ni la nostalgie (d'un enfant immuable contrairement à ce qu'elle croit), ni même la métaphysique (comme certains auteurs se sont laissés entraîner à le penser).
Mais alors pourquoi est-elle si touchante ? Quel autre oeil en nous, réussit-elle à capter ? Peut-être au plus près serait-ce qu'elle évoque la beauté morbide des natures mortes ( still-life encore en vie, bientôt renaissantes), la beauté des corps pensifs. L'âme n'est pas encore là, seul le corps s'affirme en se dérobant. L'âme est ailleurs, parce que le corps refuse de sortir du puits de l'enfance.
Une petite fille gracieuse de tant d'indolence, mais à la tête penchée comme si toujours à la recherche d'une protection, qui sollicite des bras réconfortants mais pour une étreinte qui ressemblerait à une mise à mort. Une nymphette aux bras et aux jambes trop maigres et concaves, se tenant sur un pied pour éprouver sa fatigue, tel un flamant rose... qui ne serait pas rose mais serait blanc car les crevettes qu'il mange sont blanches ; une jeune et vieille femme à la fois qui se tâte et se malaxe comme pour s'identifier ; une femme hyperréelle sans fard, sans factice, sans parade, sans maquillage-métaphore, qui ne joue pas à la femme... ou qui la surjoue jusqu'à l'annulation.
 
Maurice CORCOS
Libération.fr (lien) du 6 octobre 2006
par M@rie publié dans : Bien-Etre - Zen
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Mercredi 27 septembre 2006

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L'étalage sur les ramblas de Barcelone, des formes et d'une ronde, fait sourire les passants. La complaisance bat son plein et les pièces d'euros affluent.  La maigreur, elle, ne semble plus faire recette dans le monde des professionnels de la mode.

L'Espagne premier pays à réagir contre la maigreur, réglemente les défilés de mode au moyen d'une directive régionale visant à lutter contre l'anorexie, passage jugé obligatoire pour une fonte des masses.  Barcelone, quelques temps auparavant, n'avait fait défiler des mariées de taille 38 minimum.

Le mannequinat et les défilés de mode connaissent une crise révélée par l'interdiction de défilé pour cinq jeunes femmes trop filiformes. La maigreur avérée, médicalement quantifiée, ne passe plus et l'expulsion du défilé de mode de Madrid  Pasarela Cibeles (clic résumé article du monde le 21/09) de ces "maigres", modèle jugé malsain, mi-septembre, a certainement amorçé une redéfinition des standards.

Le scandale de la course à la maigreur pour un podium n'est pas clos alors que s'amorce en sens contraire un phénomène de "vive les grosses" qui s'affichent et défilent. Les marques se positionneront et la mode vit un tournant. Véritables miroirs, les défilés de mode représentent pour l'anorexie et la boulimie un tremplin grisant pour des âmes réceptives. La santé du mannequin est en jeu, et tels une drogue, ces troubles du comportement alimentaire induits ne peuvent laisser indifférent quant à l'acceptabilité du phénomène aliénant et destructeur.  L'arrivée massive des filles de l'est aux jambes "au kilomètre" rend inégale la course aux premiers plans de la mode. La concurrence est rude.   

Diaporama Pasarela Cibeles (clic) , images d'un défilé.

Une photo ? Pas de statue vivante squelettique ne s'expose sur les ramblas de Barcelone. 

 

Titre : "Statues fil de fer à Barcelone"

 

Sujet à suivre.....complément à venir.

 

par M@rie publié dans : Bien-Etre - Zen
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